Thème 1 – L’urbanisation du monde.

Thème 1 – L’urbanisation du monde.

Thème 1 – L’urbanisation du monde.

I/ Espaces et paysages de l’urbanisation : géographie des centres et périphéries.
II/ Des villes inégalement connectées aux réseaux de mondialisation.

Extrait du programme du cycle des approfondissements, BOEN n°11 du 26 novembre 2015.

Pourquoi enseigner l’urbanisation du monde en classe de Quatrième ?

Ce premier thème introduit la question de l’urbanisation, processus fortement lié à la mondialisation (fil directeur du programme de l’année). Si l’urbanisation est un phénomène ancien, elle connaît une accélération spectaculaire depuis plus d’un demi-siècle et se généralise à l’ensemble du monde. Elle modifie en profondeur les espaces, les territoires et les sociétés, en particulier du fait de l’essor des très grandes villes que sont les métropoles.

Le thème invite à mobiliser principalement deux échelles d’analyse. Premièrement, celle de la métropole elle-même, où paysages et espaces traduisent son degré d’insertion dans la mondialisation. Deuxièmement, l’échelle du monde dans laquelle les villes jouent un rôle structurant, même si elles sont inégalement connectées aux réseaux de la mondialisation.

Problématique :

en quoi les différentes formes de l’urbanisation – et les espaces et les paysages qui en résultent, notamment ceux des métropoles – sont-elles révélatrices de la mondialisation et d’une insertion différenciée à ses réseaux ?

On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à l’élève :

• l’ampleur mondiale du phénomène d’urbanisation ;
• la profonde diversité des paysages, des espaces et des modes de vie, selon les contextes et le degré d’insertion des villes, notamment des métropoles, dans la mondialisation ;
• l’inégale connexion des villes aux grands réseaux mondiaux.

Ce thème est l’occasion de travailler plusieurs compétences du programme et d’investir particulièrement celles liées au raisonnement et au travail collaboratif ou de groupe, notamment dans les études de cas. La réalisation de croquis et de schémas simples peuvent permettre à l’élève de travailler le langage graphique et de remobiliser des repères. L’étude de paysages et de cartes à différentes échelles se prête à mobiliser la compétence à analyser et comprendre un document.

Quelle est la place du thème dans la scolarité ?

• Au cycle 3, en géographie, les élèves ont abordé l’urbain par la notion d’ « habiter » en CM1 et en CM2 ; c’est en 6e avec le thème « Habiter une métropole » qu’ils ont découvert les réalités concrètes d’une métropole et acquis les premières bases de vocabulaire. Ils savent localiser les grandes métropoles sur un planisphère.

• Au cycle 4, le programme d’histoire de 5e aborde la première mondialisation. Les notions d’urbanisation et de mondialisation sont reprises et approfondies en classe de 3e à travers les cas français et européen.

• Au lycée, l’étude de l’urbanisation est reprise, sur la base d’études de cas en lien avec les notions de développement durable, de mondialisation et de métropolisation. L’étude de la métropolisation en tant que telle est propre au niveau du lycée.

Quels sont les points forts du thème pour l’enseignant ?

Ce thème permet d’aborder les questions majeures suivantes, dans des termes qui ne sont évidemment pas ceux dans lesquels on les posera en classe.

Depuis 2008, on estime que plus de la moitié des 7 milliards d’humains vivent dans des villes. Le taux d’urbanisation global est en constante augmentation. La ville, notamment la métropole, accompagne la mondialisation qui met en concurrence les espaces urbains à toutes les échelles.

Les villes connaissent un renforcement de leur poids démographique, économique et politique, et une forte extension spatiale. Ces dynamiques ne remettent pas en cause leur organisation interne en centres et périphéries, qui reste une clé de lecture opérationnelle des espaces urbains les plus importants. « Centres » et « périphéries » sont pluriels, dans un espace urbain de plus en plus étalé, en lien avec des mobilités quotidiennes en forte hausse. Mais ils sont également fragmentés, illustrant à cette échelle les effets paradoxaux de la mondialisation. Le centre ou les centres (économiques, décisionnels, politiques) ne sont d’ailleurs plus forcément localisés au cœur historique des métropoles. Ces dynamiques spatiales, liées aux stratégies des acteurs de la ville ainsi qu’à leurs représentations, réorganisent les territoires urbains et métropolitains. L’extension spatiale et la multiplicité des liens fonctionnels qui existent entre des métropoles peuvent parfois donner naissance à des mégalopoles, qui agglomèrent alors plusieurs villes et métropoles sur de très grandes distances.

À l’échelle mondiale, les métropoles constituent des nœuds stratégiques de réseaux permettant l’interconnexion des différents acteurs de l’économie-monde et des différentes échelles territoriales et économiques. La position respective des villes dans la hiérarchie urbaine mondiale dépend de leur place dans les réseaux constitués par les flux économiques, financiers et de communications. Au sommet, quelques métropoles, dans leur majorité portuaires, constituent un réseau de villes dites mondiales qui accumulent les principaux pouvoirs du commandement politique, géostratégique, économique (sièges sociaux des grandes firmes transnationales, activités financières, services de haut niveau, innovation) et culturel.

À l’opposé, certaines villes connaissent un phénomène de déclin urbain, désigné dans le programme par l’expression de « shrinking cities », que l’on peut traduire par « rétrécissement » pour caractériser des formes de décroissance.

Ce déclin est :

• urbain et se manifeste par la multiplication des friches (usines, logements vacants ou à l’abandon...) et le délaissement de certains quartiers, soit dans les quartiers péricentraux, soit même parfois dans la ville-centre historique (cf. « Downtown » des villes étasuniennes touchées par ce phénomène) ;
• démographique et économique, marqué par la perte d’activités, de fonctions, de revenus et d’emplois ;
• social avec le développement de la pauvreté, du chômage et de l’insécurité. À l’échelle mondiale, ces villes en déclin peuvent être analysées comme ne parvenant pas à refonder leur potentiel économique, social et urbain sur des bases nouvelles afin de se (re)connecter aux grands réseaux et flux d’échanges de la mondialisation. Les plus anciennes villes touchées par ce phénomène ont été les villes de traditions industrielles d’Europe et d’Amérique du Nord. Mais le phénomène se diffuse dans toutes les régions du monde, notamment dans les pays émergents. Parfois très médiatisé, ce processus de déclin demeure cependant relativement limité.

Comment mettre en œuvre le thème dans la classe ?

Ce thème doit être abordé en premier dans le programme. Pour le traiter, la démarche inductive est conduite à partir de deux études de cas mises en perspective. Chaque étude de cas met en évidence les espaces et paysages de l’urbanisation ainsi que le lien entre l’urbanisation du monde et la mondialisation dans sa dimension dynamique, en respectant
l’organisation des sous-thèmes précisée par le programme.

Comment choisir les études de cas ?

On choisit deux études de cas complémentaires de deux grandes villes qui permettent d’aborder à cette échelle les grandes caractéristiques de l’urbanisation du monde. Plusieurs combinaisons sont possibles qui permettent de travailler tous les enjeux du thème. Pour la première étude de cas, le choix d’une ville mondiale s’impose.

Plusieurs cas sont possibles :

• en Europe, le cas de Londres est, parmi d’autres, un choix pertinent ; la ville connaît une grande concentration urbaine ainsi qu’un renouvellement marqué par la verticalisation et des choix urbanistiques emblématiques ;
• en Asie, on retrouve les mêmes logiques à Tokyo ou à Shanghai ;
• en Amérique du Nord, New York, Chicago, Los Angeles ou San Francisco ; Mexico ou Sao Paulo en Amérique latine sont aussi possibles.

Le choix de la seconde étude de cas doit permettre d’aborder un autre contexte géographique et d’autres aspects (centres-villes délaissés, dynamiques de fragmentation et d’étalement, en déclin relatif...) : parmi les choix possibles, on peut opter pour une grande ville africaine (Johannesburg, Lagos), une ville d’Amérique du Nord (ainsi Détroit suggérée par le programme) ou d’Europe (ainsi certaines villes d’Europe centrale ou orientale, ou du nord du Royaume-Uni).

Pour chaque étude de cas, il est souhaitable de privilégier des études de paysages, des photographies à hauteur de rue et des habitants. On aura utilement recours aux globes virtuels, aux plans et aux vidéos. C’est par les marques paysagères de la mondialisation dans le contexte urbain et par les acteurs de ces territoires que les élèves sont amenés à aborder la notion et à constater que l’organisation des espaces urbains se fait en lien avec la mondialisation. La spécialisation des espaces, la fragmentation urbaine, l’uniformisation ou l’étalement urbain peuvent être abordés notamment sous l’angle des inégalités ou de la concurrence des espaces. L’étude est conduite à l’échelle de la ville en utilisant l’approche du modèle centre(s)/périphérie(s), en s’appuyant sur quelques notions de géographie urbaine et en repérant des indicateurs paysagers de la centralité (« course » aux gratte-ciel, skyline, marqueurs architecturaux et symboliques, culturels et économiques de la centralité, la rue et ses écrans géants, grandes réalisations immobilières, gentrification de certains quartiers et leur fermeture ...). On ne négligera pas dans ce cadre d’étudier les éléments d’insertion de ces métropoles dans la mondialisation.

Pour exprimer les formes d’organisation spatiale urbaine, il est utile de faire réaliser par les élèves des croquis et des schémas à l’échelle de la ville. Il s’agit en classe de 4e de la réalisation de croquis ou de schémas d’organisation spatiale guidés, simples et non exhaustifs.

Pour comprendre et évaluer la connectivité de la ville choisie aux réseaux de mondialisation et le fractionnement des espaces à l’échelle régionale et mondiale, le professeur aura là aussi recours à l’analyse de paysages urbains, notamment des lieux remarquables où se manifeste le lien avec l’espace mondial (comme les quartiers des affaires polarisant les sièges sociaux, les grands aéroports, les plates-formes multimodales, les zones industrialo-portuaires, les grandes gares...). Un changement d’échelle, grâce à des plans et des cartes à l’échelle régionale et mondiale de réseaux ou de flux variés, donnera sens à leur description.

La mise en perspective des cas étudiés se fait au moyen de planisphères : les villes étudiées sont replacées sur la carte des grandes métropoles mondiales et des grands réseaux ou flux mondiaux. On peut ainsi faire ressortir l’expansion mondiale du phénomène d’urbanisation, sa croissance différenciée et son inégale distribution, mais également éclairer sur un plan
cartographique, l’idée d’un réseau de villes mondiales, en relation les unes avec les autres, qui sont aux commandes de la mondialisation.

Principaux repères spatiaux à construire.

Ce thème est l’occasion privilégiée de réactiver et de consolider les repères spatiaux suivants :

• les métropoles les plus grandes et les mieux connectées du monde ;
• la localisation des cas étudiés sur des cartes à différentes échelles.

Quelles sont les contributions du thème aux parcours et aux enseignements pratiques interdisciplinaires ?

L’approche par les paysages peut être l’occasion de proposer un EPI « Culture et création artistiques  » centré sur Paysage et patrimoine, art urbain en lien avec les Enseignements artistiques et le Français ou sur Les représentations de la ville (Français). Ce thème de l’urbanisation du monde peut offrir l’occasion d’un croisement avec les disciplines scientifiques dans un EPI « Transition écologique et développement durable », et d’interroger les notions abordées (vulnérabilité urbaine, ville et développement durable). Dans le cadre d’un EPI « Langues et cultures étrangères  », des projets autour d’une grande ville étrangère peuvent être menés, notamment par l’intermédiaire de la plate-forme
eTwinning (Technologie, Langues Vivantes).

Le thème se prête particulièrement bien à un travail d’histoire des arts dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC). L’étude ou la présentation d’une œuvre d’art évoquant des paysages urbains peut faire l’objet d’une entrée du thème (fresques murales, « Street art », bâtiment à l’architecture remarquable, etc.).

Dans le cadre du parcours citoyen, on peut choisir de traiter le thème à travers la problématique des inégalités suggérée dans les deux sous-thèmes et pouvant être mise en lien avec l’Enseignement moral et civique (questions d’identité territoriale, de représentation, de marquage territorial, de ségrégation socio-spatiale, de discrimination, ou d’engagement local citoyen).

Quels sont les écueils à éviter ?

• Céder à la tentation de l’exhaustivité dans les études de cas, dans l’utilisation des notions de géographie urbaine et d’analyse spatiale ou au contraire en rester à une « simple » lecture de paysage.
• Donner une vision statique d’une ville dans les études de cas, notamment en étudiant des paysages sans acteurs.
• Négliger de localiser les paysages étudiés dans l’espace urbain dont les élèves ne peuvent alors percevoir l’organisation.
• Se limiter à l’étude des villes et minorer la mise en connexion qui est la spécificité de ce thème du programme de la classe de 4e.

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