Thème 1 - La question démographique et l’inégal développement.

Thème 1 - La question démographique et l’inégal développement.

Thème 1 – La question démographique et l’inégal développement.

I/ La croissance démographique et ses effets.
II/ Répartition de la richesse et de la pauvreté dans le monde.

Extrait du programme du cycle des approfondissements, BOEN n°11 du 26 novembre 2015.

Pourquoi enseigner la question démographique et l’inégal développement en classe de Cinquième ?

Ce premier thème articule étroitement les interactions entre la croissance démographique et l’inégal développement des sociétés humaines. Il amorce un premier questionnement sur les notions de développement, de durabilité et d’équité, nécessaires pour appréhender les deux prochains thèmes de 5e. Il interroge les capacités des sociétés à satisfaire équitablement et durablement les besoins d’une humanité en croissance. L’amélioration des conditions de vie et le recul de la pauvreté demeurent un enjeu majeur du XXIe siècle. Cette relation est analysée à l’échelle des États et à l’échelle mondiale.

Problématique :
la croissance démographique fait-elle obstacle à un développement durable et équitable des sociétés humaines ?

On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à l’élève :

• que si la croissance démographique peut constituer un frein au développement des sociétés humaines, elle n’est pas pour autant un obstacle ;
• que les États ont une inégale capacité à répondre aux besoins des populations et à adopter un mode de développement durable et équitable.

Ce premier thème permet de développer des compétences et plus particulièrement le repérage dans l’espace géographique mondial en nommant, localisant et caractérisant des États et en les situant les uns par rapport aux autres mais également analyser et comprendre un document. La pratique du langage cartographique par la description de cartes thématiques à l’échelle des États et du monde est bien-sûr à travailler dans ce thème.

Quelle est la place du thème dans la scolarité ?

• Au cycle 3, les élèves ont construit peu à peu des repères géographiques d’un monde habité, marqué par les enjeux d’un développement inégal à partir de cas très concrets à une échelle souvent locale. En 6e, les élèves ont entamé une première étude du monde habité par la description de la répartition de la population et de son évolution sur le temps long.

• Au cycle 4, en 5e, les élèves interrogent et comparent les effets de la croissance démographique sur le développement de plusieurs pays (Chine ou Inde, un pays africain, États-Unis et Europe). Ils font le constat d’un monde inégal et approfondissent leurs connaissances.

• Au lycée général, technologique et professionnel, les élèves se questionnent davantage sur les mécanismes de la croissance démographique comme la transition démographique et les dynamiques socio-spatiales d’un développement inégal des sociétés humaines.

Quels sont les points forts du thème pour l’enseignant ?

Ce thème permet d’aborder les questions majeures suivantes, dans des termes qui ne sont évidemment pas ceux dans lesquels on les posera en classe. Le thème met l’accent sur la croissance démographique, fait marquant de l’évolution de la
population mondiale, qui suscite parfois des inquiétudes et des peurs ravivant les thèses du malthusianisme. Selon les perspectives envisagées d’évolution du taux de croissance de la population mondiale (actuellement de 1,2 % par an),celle-ci atteindra 10 milliards d’habitants en 2050 (INED).

La croissance démographique pose dans un premier temps la question des capacités des États à répondre aux besoins des populations. Pourtant, la croissance économique, les transformations des conditions médicales, sanitaires et sociales et les progrès techniques et scientifiques ont rendu possible l’amélioration générale des conditions de vie pour un nombre croissant de personnes. Ces changements expliquent dans de nombreux pays l’essor spectaculaire de la population (recul de la mortalité infantile, allongement de la durée de la vie...) et l’importance de la jeunesse.

Un second enjeu est de montrer que parallèlement à cette amélioration d’ensemble des conditions de vie malgré le poids du nombre, les inégalités se sont creusées à l’échelle du monde comme aux échelles étatique ou locale notamment dans les espaces urbains, où les fragmentations socio-spatiales sont fortes et révélatrices d’importantes inégalités. Ainsi, une partie non négligeable de la population mondiale est privée de l’accès aux biens et services élémentaires nécessaires à son bien-être et à son insertion sociale.

À l’échelle du monde, la géographie de la richesse et de la pauvreté dessine de profondes inégalités, opposant des Nords à des Suds. Cependant, la limite spatiale « Nord-Sud » utilisée depuis les années 1980 pour définir la fracture entre pays riches et pays pauvres est profondément remise en question. Le développement inégal des États du monde, la croissance accélérée de certains pays émergents, le ralentissement, voire la crise, de la croissance dans les pays développés, tendent à créer des nouvelles fractures à toutes les échelles. La mondialisation génère de fortes inégalités territoriales. Certaines façades littorales, certaines métropoles concentrent richesses et pouvoirs, quand d’autres territoires restent marginalisés.

Il est aussi nécessaire de mener une réflexion sur les indicateurs cartographiés mesurant le développement, la richesse et la pauvreté. Un petit nombre d’indicateurs, comme le PIB total ou par habitant (tout en mesurant bien le caractère partiel de cet indicateur) ou le taux d’accroissement naturel sont à mobiliser. Mais des indicateurs synthétiques comme l’Indice de Développement Humain (IDH), l’indice sexospécifique du développement humain (ISDH) qui permet d’étudier les inégalités entre les hommes et les femmes, ou encore l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) permettent d’orienter davantage vers le développement.

Comment mettre en œuvre le thème dans la classe ?

Sous-thème 1 : La croissance démographique et ses effets.

Le premier sous-thème questionne la diversité des situations démographiques mondiales et leurs effets sur le développement des sociétés humaines. Une première étude de cas porte sur l’un des deux géants démographiques :
la Chine ou l’Inde. Ces deux puissances émergentes partagent de nombreux points communs (fortes densités anciennes, politique volontariste de contrôle des naissances, développement économique rapide...) qui ne doivent toutefois pas masquer des différences. Le professeur ne peut en faire l’économie au moment de son choix (politique de contrôle des naissances plus volontariste et urbanisation plus marquée en Chine, importance des inégalités issues des systèmes de castes en Inde...). Les modalités de la croissance démographique ont des conséquences territoriales, notamment le creusement des écarts entre villes et campagnes, et posent aux sociétés des défis – comme la gestion des ressources, des déchets, les dégradations des milieux de vie – qui constituent autant de freins à un développement durable.

Le développement durable doit être envisagé dans l’intégralité de ses dimensions telles la durabilité écologique, la viabilité économique et l’équité sociale. Le volet social doit donc être abordé avec la même attention que celle portée à la dimension écologique, qui amène à repenser les rapports des sociétés à l’environnement.

L’étude peut être menée autour d’une thématique simple et concrète pour des élèves de 5e : l’accès à l’éducation et/ou l’accès à la santé et/ou à un logement décent. En effet, l’accès au logement implique aussi l’accès à la ressource énergétique (électricité), à l’eau, aux services de collecte des déchets. Il permet donc d’évoquer pleinement les difficultés de la gestion du nombre qui amèneront ensuite, dans le second thème du programme, à la question des ressources limitées et à gérer.

La mise en œuvre peut s’appuyer sur des cartes thématiques des choix politiques des États dans ces domaines, de l’évolution de quelques indicateurs (notamment le taux de natalité et/ou la croissance démographique confrontés à l’accès à l’éducation et/ou à la santé et/ou à un logement décent cartographiés à l’échelle infra-étatique (provinces chinoises ou
États et territoires indiens), mais également sur des témoignages (récits d’acteurs et/ou photographies).

Le professeur peut ainsi mettre en évidence les progrès réalisés, les défis restant à relever, comme les inégalités de développement internes aux États à différentes échelles, en soulignant par exemple la situation spécifique des provinces chinoises ou des États et territoires indiens où il y a des métropoles majeures.

Une seconde étude de cas est conduite à partir d’un pays d’Afrique, le continent de la croissance démographique à venir. Cette étude peut en particulier s’appuyer sur un pays qui demain sera un géant démographique comme le Nigeria ou l’Éthiopie. Là encore, l’étude d’une thématique concrète menée autour des questions d’accès à l’éducation, à la santé etc. permet d’identifier les freins à la maîtrise de la croissance démographique dans un pays africain et le rôle des acteurs internationaux (OIG/ONG). Cette démarche offre alors des points de comparaison avec la première étude de cas. La mise en perspective avec les États-Unis et l’Europe, où la question démographique se pose en d’autres termes, repose sur les indicateurs cartographiés utilisés dans les deux premières études de cas.

Cette étape, qui sert de transition vers le second sous-thème, permet de dégager une vision mondiale de la diversité des développements et des tendances globales : ralentissement général de la croissance démographique, vieillissement des populations, indicateurs de développement très inégaux des États. Les cartes, documents au cœur de ces études, les photographies et les récits permettent de caractériser le développement et les inégalités.

Sous-thème 2 : la répartition de la richesse et de la pauvreté dans le monde.

La description des caractéristiques de la répartition de la richesse et de la pauvreté est abordée dans un premier temps à l’échelle mondiale. À l’aide de deux ou trois planisphères (richesse/ habitant, PIB/habitant, IDH, IPM...), les élèves identifient l’inégale répartition de la richesse et de la pauvreté. Le professeur peut montrer la diversité des situations mondiales (pays développés, pays émergents, pays moins avancés...). Un passage à une échelle locale, par exemple dans un espace urbain d’un pays riche ou pauvre, peut permettre de montrer que les lignes de fracture s’observent à toutes les échelles. Aussi, dans un deuxième temps, le professeur peut s’appuyer sur l’exemple d’un des pays étudiés dans les études de cas pour mettre en évidence les inégalités socio-économiques au sein des États.

L’émergence de certains États, le recul global de la pauvreté dans le monde, l’accroissement de la pauvreté en Afrique subsaharienne et des inégalités socio-spatiales dans les pays développés sont autant d’exemples qui illustrent la diversité découlant des dynamiques politiques, sociales, économiques et culturelles.

Principaux repères spatiaux à construire :

• La puissance émergente étudiée (Chine ou Inde) ;
• le pays africain choisi par le professeur ;
• l’Europe et les États-Unis ;
• des pays riches et des pays pauvres.

Quelles sont les contributions du thème aux parcours et aux enseignements pratiques interdisciplinaires ?

En lien avec l’Enseignement moral et civique, ce thème est l’occasion de contribuer au parcours citoyen autour de la question de la solidarité internationale et de la lutte contre la pauvreté en vue d’un développement équitable.

L’étude des inégalités peut conduire à une rencontre ou un projet avec une ONG engagée dans la lutte contre la pauvreté. Elle peut ainsi sensibiliser les élèves à l’engagement des associations humanitaires et/ou d’une organisation internationale comme l’ONU.

Quels sont les écueils à éviter ?

• Avoir une approche essentiellement démographique et analyser les mécanismes complexes de la croissance démographique.
• Développer une approche catastrophiste malthusienne de l’accroissement de la population mondiale.
• Réduire les inégalités de richesse et de pauvreté à une simple opposition Nord-Sud.

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