Journal d’un non combattant, Témoignage d’Albert Pons, 1915-1916
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Un travail en classe avec documents d’archives

Journal d’un non combattant, Témoignage d’Albert Pons, 1915-1916

Lionel Ferriere
lundi 21 novembre 2016

Cette photographie, non datée, est la seule où Albert Pons (ici en tenue de cordonnier, à côté de son fils en tenue militaire) apparaît.

Journal d’un non combattant, Témoignage d’Albert Pons, 1915-1916

1- Introduction de M Pierre Brun

2- L’intérêt du document comme source historique

3- Le document annoté

4- Index des lieux

5- Index des noms de personnes

Travail réalisé par la 3eC, du collège A. Malraux à Romans sur Isère, octobre 2016

Valorisation du travail d’historien mené par la classe

Envoi d’une version numérique aux archives départementales de la Somme (lieu où se passe l’action) et aux archives départementales du Var (commune du témoin), à l’Historial de la Grande Guerre à Péronne (80) et au mémorial de la Targette à Neuville-Saint-Vaast (62) emails aux communes de Cannes, Vence, Nice, Grasse et Saint Césaire pour qu’elles puissent, éventuellement, évoquer ces poilus lors de la cérémonie du 11 novembre.

Illustrations : Photographie des vitraux de Notre Dame de Lorette : M. Pierre Brun

Vignettes extraites de la BD de J. Tardi, « C’était la guerre des tranchées » © Casterman, 1993

© M. Ferrière, 2016. Toute reproduction partielle ou complète interdite sans l’accord écrit de M. Ferrière, sauf dans le cadre de pratiques pédagogiques ou éducatives, ou de publications historiques non lucratives. Toute duplication constituerait une atteinte au code de la propriété intellectuelle selon les articles L 122-5 et L122-4

Remerciement pour leur relecture à mme Oursel (ch’ti du collège) et Didier, concepteur et animateur du site chtimiste, qui fait référence sur les ressources historiques du conflit (relecture, conseils , iconographies)
« Pro Patria »

J’ai 82 ans mais j’ai encore bon pied, bon œil ce qui me permet d’aller rendre visite à des parents ou amis qui ont des difficultés à se déplacer. C’est ainsi que je vais voir de temps en temps une cousine de 96 ans qui, si elle n’a plus tout-à-fait bon pied bon œil, a une mémoire fantastique. Elle me raconte les histoires de famille, de son père Auguste, pêcheur, de François, mon grand-père, de Joseph, capitaine d’artillerie, de Charles l’aîné de cette fratrie de dix-sept (quinze garçons et deux filles !). Elle est intarissable.

Il y a deux ans, alors qu’elle reprenait son souffle, j’ai pu lui dire que je préparais un exposé sur les vitraux (ma passion) de la guerre de 1914-1918. Il y en a plus de 700 à travers la France. Elle a alors commencé à me parler de son grand-père Pons Albert (Pons étant son prénom, souvenir d’un saint martyrisé du côté de Nice au IVe ou Ve siècle). Voyant mon intérêt elle est allée dans la pièce voisine pleine comme un œuf de vieilles choses et a sorti du tiroir d’une antique armoire, cachée au fond de la pièce, un classeur en carton sur lequel était inscrit « Pépé Pons Souvenirs ». Il y avait dedans un cahier où il racontait ce qu’il avait vécu en 1915 pendant la Grande Guerre. Le cahier a été rédigé par sa petite fille lorsqu’elle avait 14 ans, soit vers 1934 sous la dictée de son grand-père. Il a dû mourir très peu de temps après.

Natif de Vidauban, village du Var, situé à 60km de Toulon, le 3 mai 1869, Pons Albert fait partie de la classe 1890 inscrit au registre matricule du recrutement d’Antibes sous le numéro 232. Avant la guerre il était bottier-ressemeleur à Vidauban. Il tenait boutique près de la boulangerie de mon arrière-grand- père. Agé de 45 ans en 1914, il a fait partie d’un régiment de territoriaux. Au retour de la guerre il n’exerce plus son métier, sa femme n’ayant pas pu tenir seule la boutique. Va-t-il été blessé ou pensionné ? On ne sait. Les recherches de M. Ferrière ont permis de retrouver l’extrait du livret de pension de sa veuve.

En sortant de chez ma cousine avec mon carton, j’ai pensé au nombre important de cartons de ce genre qui doivent dormir au fond d’armoires. Si personne ne s’y intéresse, ils seront jetés à la décharge publique et perdus à tout jamais.

Lorsqu’on va à Notre-Dame de Lorette, au-dessus d’Ablain-Saint-Nazaire (village cité par mon aïeul) on est bouleversé par toutes ces tombes alignées. Il y en a 20000. A ceux-là, aux 22700 soldats non identifiés qui reposent dans les ossuaires voisins, à tous ceux qui dorment dans les nombreux cimetières du nord et de l’est de la France toutes nationalités, toutes religions confondues, à Pons Albert qui, un peu par hasard, a été sauvé de l’oubli, nous devons rester attachés et nous devons conserver leur mémoire.

Pierre Brun, 8 octobre 2016.

Par Lionel Ferriere

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