Comment faire écrire sur Marc Bloch des élèves qui ne le connaissent pas encore ? Cette activité part du jeu À sa place : après une partie, chaque élève prolonge le carnet de l’historien et défend, par écrit, le choix où il a divergé de lui. Une courte production d’argumentation, où l’on apprend autant sur Bloch que sur soi.
En bref
Niveau : 3e · écrit individuel · 1 heure
Programme : Histoire, thème 1 « L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) » — la France défaite et occupée, Résistance · EMC, culture du jugement
Compétences (histoire-géographie) :
- Pratiquer différents langages : écrire pour construire et exprimer sa pensée
- Raisonner, justifier une démarche et les choix effectués
- Analyser et comprendre un document (son propre carnet de jeu)
Temps 1 – Jouer à À sa place (≈15 min)
À sa place est un court récit interactif sur Marc Bloch, qui entre au Panthéon le 23 juin 2026. Le joueur incarne l’historien et, à chaque grand choix de sa vie, compose dans un carnet la décision qu’il aurait prise — avant de découvrir, sources à l’appui, celle que Bloch a faite. Le jeu ne note pas : il met deux chemins en regard, le vôtre et le sien. Découvrir le jeu et y jouer.
Jouez avec vos élèves, en autonomie ou de manière collective.
En fin de partie, faites noter les écarts de décisions
Temps 2 – Avant d’écrire, le débrief (≈10 min)
Après la partie, prenez un temps d’échange : c’est lui qui transforme le jeu en apprentissage.
Trois questions l’ouvrent bien :
- Quel choix de Marc Bloch vous a surpris ?
- Combien de fois avez-vous divergé de Bloch, et pourquoi ?
- Auriez-vous vraiment fait comme lui ?
Orientez l’échange vers l’écart et sa justification : faites dire pourquoi le choix de l’élève se défendait, et pourquoi celui de Bloch se défendait aussi.
Temps 3 – Ecrire (≈ 20 min)
Chaque élève sort du jeu avec son carnet, ses écarts avec Bloch.
La consigne s’appuie dessus :
« Le jeu vous a rendu votre carnet à côté du sien. Écrivez la page qui manque : celle où vous expliquez, à la première personne, un choix où vous n’avez pas fait comme Marc Bloch, et pourquoi votre choix se défendait. Puis, dans un second paragraphe, expliquez pourquoi, selon vous, lui a fait l’autre. » (15 à 20 lignes)
Variante. Le jeu cite une lettre réelle de Bloch à son fils Étienne, en septembre 1939, qui finit par ces trois mots : « Et le latin ? ». On peut proposer aux élèves d’écrire eux aussi une lettre à Etienne :
« Vous êtes Marc Bloch, au moment du choix qui vous a le plus marqué dans le jeu. Écrivez à votre fils Étienne pour lui expliquer ce que vous allez faire, et pourquoi. Votre lettre doit montrer que vous avez pesé l’autre possibilité, celle que vous n’avez pas choisie. » (une quinzaine de lignes)
Temps 4 – Lecture et reprise (≈10 min)
Quelques élèves lisent leur page à la classe. Pour rendre l’écoute active, demandez aux autres de repérer, à chaque lecture, deux choses : quel écart a été choisi, et quelle raison le défend.
La reprise n’a pas pour but de désigner un « bon » choix, le jeu s’y refuse, et vous aussi. Elle sert à faire constater l’inverse : à chaque étape, les deux voies se tenaient. C’est précisément ce qui distingue comprendre l’histoire de la réciter.
Car l’exercice oblige à deux gestes complémentaires :
- justifier son choix (de l’argumentation),
- puis reconstituer celui de Bloch (de l’empathie historique).
Entre les deux, l’élève découvre seul que ni l’un ni l’autre n’était absurde.
Un écueil à écarter : qu’on glisse vers « j’avais raison » ou « Bloch était un héros ». En demandant de défendre les deux choix, la consigne a déjà désamorcé ces deux travers, la mise en commun le rend visible à toute la classe.

