Le 23 juin 2026, Simonne et Marc Bloch entre au Panthéon : l’occasion de faire composer aux élèves leur propre éloge de Marc Bloch. À partir du jeu À sa place, cette activité orale d’EMC leur demande d’honorer l’historien résistant sans tomber dans la légende — un exercice plus exigeant qu’il n’y paraît.
En bref
Niveau : 3e · oral en binômes (écrit puis oral) · ~55 min ou 2 séances · idéal autour du 23 juin 2026
Programme : Histoire, thème 1 (Résistance, mémoire de la guerre) · EMC, cultures de l’engagement et du jugement
Compétences (histoire-géographie) :
- Pratiquer différents langages : s’exprimer à l’oral pour penser et communiquer
- Coopérer et mutualiser
- Raisonner, justifier une démarche
Temps 1 – Jouer à À sa place (≈15 min)
À sa place est un bref jeu d’écriture sur la vie de Marc Bloch, historien et résistant qui entre au Panthéon le 23 juin 2026. À chaque étape — rester ou partir, se taire ou résister — le joueur complète le carnet de Bloch à sa place, puis confronte son choix à celui, documenté, de l’historien. Aucun score : un miroir. Découvrir le jeu et y jouer.
Jouez avec vos élèves, en autonomie ou de manière collective.
En fin de partie, faites noter les écarts entre les décisions des élèves et celles de Bloch.
Temps 2 – Avant l’éloge, le débrief (≈10 min)
Après la partie, prenez un temps d’échange : c’est lui qui transforme le jeu en apprentissage.
Trois questions l’ouvrent bien :
- Quel choix de Marc Bloch vous a surpris ?
- Combien de fois avez-vous divergé de Bloch, et pourquoi ?
- Auriez-vous vraiment fait comme lui ?
Orientez l’échange vers le refus de la légende dorée : amenez les élèves à constater que ses choix étaient difficiles et coûteux, pas héroïques d’avance. C’est ce qu’ils devront faire passer dans leur éloge.
Temps 3 – Écrire l’éloge, en binômes (≈15 min)
« Écrivez puis prononcez deux minutes d’hommage à Marc Bloch pour son entrée au Panthéon. Une seule contrainte, mais elle est de taille : interdiction de la légende dorée. Pas de « héros sans peur ». Votre éloge doit montrer qu’à chaque étape, une autre voie existait, raisonnable, et que c’est précisément cela qui rend son engagement admirable. »
Vous pouvez aussi insister sur les points suivants :
- 1. Ce que Marc Bloch n’a pas vu : la fin de la guerre et ce qu’est devenue sa mémoire, jusqu’au Panthéon.
- 2. Ce qui lui donnerait raison : un problème d’aujourd’hui : rumeurs virales, fausses images, désinformation, etc.
- 3. Une question pour lui : celle que vous aimeriez vraiment lui poser. »
Temps 4 – Prononcer et reprendre (≈15 min)
Quelques binômes prononcent leur éloge. Pour rendre l’écoute active, demandez aux autres de vérifier une chose à chaque passage :
- l’éloge montre-t-il qu’une autre voie existait,
- l’éloge retombe-t-il dans le « héros sans peur » ?
La reprise ne désigne pas un « bon » récit. Elle fait constater l’inverse : les éloges les plus forts sont ceux qui montrent les choix comme difficiles. Faire l’éloge de quelqu’un sans le rendre inévitable, c’est bien plus exigeant que d’aligner les superlatifs — et c’est, au fond, le seul hommage que Marc Bloch, qui détestait la légende, aurait accepté. On honore sans canoniser.
Prolongement (après le 23 juin) : comparez en classe l’éloge des élèves avec le vrai discours prononcé au Panthéon. Quels choix de récit ont été faits ? La légende dorée y est-elle ? C’est un exercice de critique de la parole commémorative — exactement le regard que Bloch portait sur les sources.

